Nous suivons Mr de Villalonchamp à travers la masse compacte des élèves. Puis nous nous retrouvons face à un homme d'une quarantaine d'années, grand, des cheveux grisonnants.
- J'aimerai vous présenter Marc Lambire, le père de Tatiana.
Je cherche dans ma mémoire qui est cette Tatiana lorsque je remarque une sorte de gros appareil photo posé sur l'épaule de Lambire et un carnet muni d'un crayon qu'il tient dans sa main.
- Vous ne serez pas journaliste pas hasard ?
Tu me l'as volé Sarah ! L'homme la regarde en souriant.
- Belle déduction, mademoiselle ! Oui, je suis bien journaliste et je travaille pour Le Courrier d'Engers. Ma fille m'a parlé de vous et mon journal a accepté que j'écrive un article sur votre groupe.
Heureusement que je ne la connais pas sa fille sinon je lui ferai passer un sale quart d'heure ! De quoi elle a eu le besoin d'aller parler de notre concert à son père et lui de demander à son patron de faire un papier ?
- J'ai quelques questions à vous poser. Pour commencer, quel est le nom de votre groupe ?
On se regarde. Bonne question ! Julien prend la parole.
- Euh... A l'heure actuelle, on pencherait pour ''The Red Ligner''.
- Bien. Et pourquoi avez-vous décidé de vous s'unir ?
A mon tour de répondre.
- Au début, on était deux, Sarah et moi. On écrivait des chansons mais on ne composait pas encore nos propres mélodies. Puis en rentrant au collège, nous avons rencontré Julien et Jean-Baptiste. Il nous manquait un batteur et un mec pour le synthétiseur. Eux, des guitaristes et des chanteuses. On n'avait plus qu'à associer !
- Donc ça fait quatre ans que vous vous connaissez ?
- Exactement.
- Et vous, jeunes filles, depuis combien de temps écrivez-vous des textes ?
- Depuis environ l'âge de neuf ans.
- Mais pourquoi composer et rédiger des chansons ?
Sarah poursuit à ma place.
- Pour les chansons, c'est une sorte d'échappatoire. Ca nous permet de dire par écrit ce qu'on ne veut ou peut pas dire à l'oral. Pour la musique, je laisse parler les deux connaisseurs !
J-B lui fait un petit clin d'½il puis s'adresse au journaliste.
- Composer des morceaux de musique nous permet de nous défouler. Moi, je m'occupe du synthétiseur car j'adore créer une multitude de bruits et pour Julien, il vaut mieux qu'il tape sur de pauvres tambours que sur autre chose !
Éclat de rire général. Julien lui assène un coup de poing dans le bras pour se venger.
- Et pourquoi avoir choisi le Rock comme genre ?
Julien lui répond.
- Le Rock est assez révélateur de notre état d'esprit. Et puis, c'est un style que nous apprécions tous les quatres.
- Bien, je crois que nous avons a peu près fait le tour. Merci. Au fait, mon article sortira dans deux jours.
- Bien. Au revoir !
On s'éloigne. Un article entièrement consacré à nous dans l'un des journaux les plus lus de la région. Je laisse mon esprit divaguer... Un producteur nous contacte... On enregistre un album... Succès planétaire... Adulés par des millions de fans... Sollicités aux quatres coins de la terre...
Lili, arrête de rêver ! Jamais ça n'arrivera.
Quoique...
Ne jamais dire jamais.